Les Globe Tutos

Comprendre l'économie du spectacle vivant

Les répétitions

Comme le nom l’indique, dans les répétitions, on répète. Donc on refait encore et encore. On redit. Et on cherche comment faire passer le mieux possible le texte ou l’émotion que l’on doit transmettre.

C’est un processus assez artisanal, comme l’ensemble du travail de préparation d’un spectacle. Là encore, nous ne réalisons pas d’économie d’échelle ! Même le processus est difficilement transposable d’un spectacle à l’autre. Ou alors, nous devrions refaire à chaque fois un peu le même spectacle, ce qui n’est pas notre cas.

Et comme tout processus artisanal, il prend du temps. Quand bien même le ou la metteur·se en scène a les idées claires, il faut du temps aux comédien·nes pour jouer ce qui leur est demandé.

Et si cela prend du temps, forcément, ça coûte de l’argent.

Car il faut bien payer les gens si on les fait travailler. Et l’intermittence n’est pas prévue pour payer les répétitions mais bien pour compenser une perte de revenu entre 2 contrats.

Concrètement, les artistes du spectacle vivant sont payés en répétitions sous forme de « services ». La durée en est variable (3 à 4h) selon que l’on est un musicien, un danseur, un comédien, … Et l’on peut faire 1 ou 2 services par jour.

Considérons par exemple 20 jours de répétitions pour 4 interprètes et 1 metteur en scène, cela commence à faire des sommes assez conséquentes.

Ce coût de répétitions pour la création d’un spectacle entre dans les éléments qui doivent être « amortis » sur les ventes dudit spectacle. Bien entendu, une compagnie comme la nôtre qui tourne plusieurs spectacles en même temps va utiliser la trésorerie des spectacles déjà amortis pour investir sur une nouvelle création. Mais enfin, il faudra prendre en considération ces sommes pour juger de la rentabilité d’un spectacle à la fin de son exploitation.

Une personne extérieure au milieu du spectacle qui assisterait à des répétitions pourrait trouver le processus de travail très inefficace.

En effet, nous passons énormément de temps  à des échanger, à nous poser des questions, des interrogations sur l’interprétation d’une situation ou d’un personnage. Pour autant, même si ces moments peuvent apparaître comme de la « parlotte », ils n’en sont pas moins indispensables. Cela permet que le résultat soit correct et en adéquation avec les attentes du ou de la metteur·se en scène.

Cela a d’autant plus d’importance quand on effectue un travail basé sur des improvisations.

Dans ce cas, le résultat final sera très personnel et propre à la compagnie. Mais le travail est plus long et sujet à de nombreux échanges. En effet, un interprète propose quelque chose. Le ou la metteur·se en scène propose un amendement. On reprend. On essaie autre chose. Et on improvise une autre scène. Tout semble bien fonctionner jusqu’au visionnage vidéo de la séance… qui met tout à terre. Et nous reprenons la totalité de la scène en repartant sur une autre improvisation.

Bref, comme vous le voyez, cela a un impact non négligeable sur le coût de création du spectacle qui verra le jour à l’issue de ces répétitions.

Et ce coût aura un impact sur le prix de cession du spectacle.

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