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Comprendre l'économie du spectacle vivantLes producteurs, les diffuseurs
Mis à part les théâtres nationaux ou les centres dramatiques nationaux, la plupart des lieux n’ont pas de compagnie à demeure. Il leur faut donc faire appel à des producteurs de spectacles.
Nous avons la chance en France d’avoir un tissu culturel très dense.
Cette richesse existe tant du côté des productions que des lieux de diffusion. Quelle ville n’a pas aujourd’hui son théâtre ? Il y en a, mais elles sont en fait très peu nombreuses à n’avoir aucune politique culturelle de programmation de spectacle vivant. De fait, quelle que soit la couleur politique des municipalités, elles ont massivement à cœur de proposer une offre culturelle à leur population.
En matière de politique culturelle, les opérateurs les plus importants sont en France aujourd’hui les collectivités territoriales.
Ceci même en mettant de côté le très important réseau de bibliothèques ou de conservatoires de musique, théâtre et danse.
En parallèle de ce réseau de diffusion public, un très important réseau de lieux privés s’est également développé. Parfois des salles de dimensions très impressionnantes existent. Voyez le nombre de « Zénith » ou de salles du même type présents sur le territoire ! Toute agglomération qui se positionne en métropole a au moins une salle de très grande jauge sur son territoire.
En regard de ce maillage territorial de diffusion de spectacles, l’offre culturelle côté producteurs est en France pléthorique.
Il existe sur l’ensemble du territoire des milliers de structures, grandes ou petites, qui produisent et tentent de diffuser des spectacles.
Si bien que malgré l’abondance de lieux de diffusion, nous sommes sur un marché dit « de l’offre ».
Donnons un très rapide et sommaire cours d’économie.
Un marché de l’offre compte plus de structures qui offrent leurs services que de structures qui veulent les acheter. Un marché dit « de la demande » serait structuré inversement.
Dans ce paysage, et malgré la politique souvent volontariste et engagée des collectivités territoriales, le problème numéro un des producteurs de spectacle vivant est la diffusion. C’est ainsi que beaucoup de spectacles ne sont que très peu diffusés. Et ce, faute d’avoir pu répondre aux demandes et aux attentes des programmateurs. Ceci ne préjuge pas de la qualité de ces créations. Cela vient du fait que nous vivons dans un marché de l’offre.
Il résulte de cela que les relations entre producteurs et diffuseurs peuvent s’avérer tendues.
Les diffuseurs reprochant aux producteurs de les harceler. Quand les producteurs reprochent aux diffuseurs de ne pas s’intéresser à eux… Pensez cependant qu’un programmateur de scène de ville reçoit des dizaines de propositions chaque jour. Mais vu de notre côté, nous passons des heures au téléphone ou sur nos boites mails pour tenter de convaincre des programmateurs de venir voir nos productions.
Dans ce contexte parfois compliqué, les réseaux élaborés petit à petit sont un atout précieux. Ils permettent de diffuser nos spectacles. Dans un moment où les finances publiques sont tendues, les liens tissés dans le temps avec les acteurs locaux de diffusion sont indispensables pour faire perdurer les structures de production de spectacle vivant.
Par conséquent, de nombreux compagnonnages se mettent en place. En effet les producteurs et diffuseurs considèrent souvent qu’ils doivent ramer ensemble. C’est ainsi que nous avons tissé au fil du temps des relations serrées avec plusieurs diffuseurs. Ils programment nos spectacles pour enfants. Mais ils nous permettent aussi parfois de travailler en résidence dans leurs théâtres. C’est précieux. C’est utile.
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