Revue de presse - L'Empereur et le Rossignol

Quand les fables se mélangent, la tortue continue sa marche lente et le lièvre bondit fiévreusement, pendant que le lion, magnanime, épargne la souris ou que le garçon berger s’ennuie, entouré de ses moutons…

Dans cette adaptation des Fables d’Esope, ce sont quatre personnages qui, tour à tour, en duo, en trio… se réapproprient, chacun avec son tempérament et sa sensibilité, ces histoires célèbres d’animaux.

Des couvre-chefs accrochés dans des cadres dorés (un chapeau melon pour la tortue, des bonnets blancs en grosse laine pour les moutons, une casquette pour la souris…), une attitude, une expression, des instruments pour le bruitage suffisent à faire apparaître une galerie de portraits réjouissante. Un spectacle qui joue avec jubilation des histoires enchâssées et des objets dans une simple et belle scénographie.

 

Françoise Sabatier-Morel
Chante rossignol chante, ton doux chant me rend heureux

« L’Empereur et le Rossignol », un spectacle pour enfants tiré d’un conte d’Andersen : une jolie fable sur le bonheur.

« Dans un palais aux mille couleurs chatoyantes règne un petit empereur fort capricieux. Son passe-temps favori est de faire enrager son chambellan, pas très futé. Mais lorsqu’il apprend qu’un rossignol chante de manière divine dans les jardins du palais, il ordonne qu’on le lui amène. Au son mélodieux de cet oiseau, sa vie se transforme. L’amusement remplace enfin l’ennui. Jusqu’au jour où l’empereur reçoit un cadeau : un rossignol mécanique, dont le chant est aussi riche et complexe que mécanique et répétitif. Dès lors, l’empereur ne s’intéresse plus qu’à son nouveau jouet, abandonnant le vrai rossignol.

La force de ce spectacle repose tout d’abord sur l’existence de personnages qui semblent directement sortis d’un livre de contes ou d’un dessin animé. Cela passe par des costumes chatoyants et très travaillés. Chaque costume porte le symbole du caractère principal du personnage. Ainsi, le chambellan porte une veste aussi droite que sa propre rigidité. Mais à cela s’ajoute également un élément comique, notamment pour l’empereur qui paraît « envahi » par son costume, comme si sa charge était trop grande pour lui.

Les comédiens donnent une grande crédibilité à ces personnages grâce à une gestuelle très précise. On sent l’influence du mime. Ainsi, le rossignol agite le cou tel un véritable oiseau de nos jardins et on oublie que le chambellan est interprété par une femme.

Dans ce spectacle, le théâtre se mêle au chant. Avec grand talent, la « chanteuse-rossignol » nous emmène dans différents univers musicaux, du jazz au chant lyrique, en passant par les musiques du monde. Le rossignol mécanique prend la forme d’une boîte à musique richement parée, qui, lorsqu’elle s’ouvre, crée par magie des images numériques sur les murs du palais. Un joli moyen d’introduire les nouvelles technologies sur scène. L’empereur, pour sa part, va préférer un temps le son virtuel, parfait mais factice du rossignol mécanique, pour finalement réaliser que la beauté ne se trouve pas dans le « bien emballé », mais dans la liberté et la simplicité du rossignol vivant qui chante l’inattendu de l’instant présent.

Que pouvons-nous enseigner de mieux aux enfants si ce n’est que le bonheur se trouve dans la vie réelle et non dans la vie virtuelle ? Et que la beauté est dans l’être et non le paraître ? Ce joli spectacle nous l’enseigne avec beaucoup d’humour. Vous serez ravi d’entendre les rires des enfants se mêler au vôtre. A partir de cinq ans. »

 

Anne-Laure Fournier
Spectacles pour enfants : l'Obs

Il était une fois un empereur tombé sous le charme du chant d’un rossignol. Jusqu’au jour où, recevant en présent un rossignol mécanique, il délaisse alors l’oiseau… Bien qu’adapté sur un mode burlesque et servi par des décors de style naïf, le conte d’Andersen donne à réfléchir sur la différence entre virtuel et réel et sur la quête du bonheur. Un spectacle qui plaira aux plus jeunes.

 

Isabelle Calabre

Il était une fois un petit empereur égocentrique et capricieux. Un rossignol bouleverse sa vie. Sur le ton de la farce, dans un décor coloré, cette toute nouvelle création, inspirée d’un conte d’Andersen, se feuillette comme un beau livre d’images, dont les pages résonnent des chants merveilleux de deux oiseaux : un mécanique et un réel. Qui va l’emporter, la fable délivre sa morale en toute légèreté !

 

Dominique Duthuit

Tout droits sortis d’un livre de conte coloré et malicieux, les acteurs des Globe Trottoirs entraînent avec talent et humour leur jeune public à la rencontre de cette fable tout à fait d’actualité. Qui gagnera, la machine ou la voix chantée ? Les enfants ne s’y trompent pas et leurs applaudissements nourris sont la preuve qu’ils ont, sinon vraiment compris, du moins pressenti que le spectacle vivant est un gage de leur liberté.

Un très bon moment de rire et de joie, intelligent et simple, qui permettra aux plus grands et aux plus jeunes de poursuivre le débat en réfléchissant sur la place que peuvent parfois prendre les machines et les écrans dans nos maisons.

 

Elisabeth Gentet-Ravasco
Le chant du rossignol enchante

Magie et fantaisie pour ce spectacle porté par une troupe pleine de talents

« Dans le cadre de la série « Dimanche famille », le Théâtre de Colmar a proposé aux petits et grands une pièce inspirée du fameux conte de Hans Christian Andersen : un petit empereur très capricieux règne au sein d’un palais coloré, menant la vie dure à son chambellan. Jusqu’au jour où il oublie son ennui grâce au chant inspiré d’un rossignol, qui vit dans le jardin du château.

Dès lors, il n’a de cesse de chanter et de s’amuser avec lui, jusqu’au jour où « l’empereur de plus loin », un de ses amis royaux, lui envoie en présent un rossignol mécanique, une boîte à remonter avec une clé « irremplaçable » et qui délivre une musique parfaitement hypnotique.

Oubliant rapidement son rossignol de chair et d’os, l’empereur remonte et remonte encore sa boîte, intelligemment illustrée sur scène par un écran de télévision, et y reste scotché nuit et jour. A force de l’utiliser, l’empereur finit cependant par casser la clé, seul moyen d’activer le rossignol mécanique. Il restera prostré sur son trône pendant longtemps, jusqu’à ce que le véritable rossignol revienne à la cour pour le sauver des griffes de la mort.

Une belle fantaisie, drôle et un brin satirique quant à la technologie, portée par des acteurs souvent époustouflants : l’empereur notamment, au costume bleu bouffant, aussi capricieux qu’émouvant et humoristique. Le rossignol aussi, joué par une jeune femme à la voix cristalline et envoûtante.

Une salve d’applaudissements a congratulé la troupe, qui a réussi son pari : apporter aux enfants et à leurs parents un peu de magie, sûrement trop rare dans notre monde si cartésien. »

 

Arnaud Stoerkler