Revue de presse - Grande soeur, petit frère

spectacles jeune public paris
TT Portant valises, sacs et sacoches, un frère et une sœur se disputent à propos de tout : le chemin à emprunter, les choses à transporter, les causes de leur équipée…

Entre deux chamailleries, ils racontent et revivent leur histoire, qui ressemble fort à celle des Habits neufs de l’empereur, d’Andersen. Se faisant passer pour des tisserands-couturiers, ils font croire à un empereur imbu de sa personne que l’étoffe tissée par leurs soins lui permettra de distinguer les sots des gens avisés.

Une réécriture signée Mike Kenny (un des auteurs majeurs du théâtre jeune public), qui mêle au conte une histoire où sont évoquées les relations parfois complexes et difficiles d’une fratrie. Ce qui n’exclut cependant pas de beaux moments de complicité, notamment dans le récit et la construction (très astucieuse) du décor, qui s’effectue au fur et à mesure.

Un spectacle malicieux sur la supercherie et la vérité des rapports humains.

Françoise Sabatier-Morel

Un conte merveilleux

Dès la première seconde, on est emporté dans l’univers des personnages grâce à une énergie formidable présente d’un bout à l’autre, à une chanson entraînante. La personnalité complémentaire de la grande sœur et celle du petit frère réjouissent l’auditoire et apportent une dimension encore plus cocasse à la supercherie dont le roi du conte d’Andersen est victime.

Les accessoires émerveillent les petits comme les grands. L’imaginaire des spectateurs est sollicité à chaque instant. La magie opère… Le récit enchâssé de la mésaventure des deux fugitifs nous captive d’autant plus qu’ils sont des conteurs hors pair et qu’ils se chamaillent à l’envi comme cela arrive entre frère et sœur. Les rires résonnent dans la salle.

Si le petit frère, incarné avec brio par Stéphane Reboul, semble harassé par le voyage, la grande sœur, interprétée avec maestria par Anne Stosser, est toujours prête à donner des ordres. La question de ce qui est juste est posée tout au long du conte. Les rebondissements sont bien amenés. On savoure la performance du duo, qui passe par différents états d’âme.

Les décors et les costumes font plaisir à voir. C’est du très beau travail.

Les lumières créent des climats propices aux différentes étapes de l’aventure. Une attention minutieuse a été apportée à chaque détail : le metteur en scène, Jean-Christophe Smukala, nous ouvre les portes d’un royaume féerique où on s’amuse tout en se posant beaucoup de questions.

En définitive, les deux chenapans ont-ils eu raison de jouer un vilain tour au roi vaniteux ? Chacun se fera son idée.

Un moment de joie qui permet d’élever le spectateur en lui montrant ce que le théâtre a de meilleur à offrir : un voyage où les acteurs font vivre un texte et entraînent les spectateurs à leur suite.

Un spectacle qu’on a envie de revoir encore et encore.

David Season