ET LA TORTUE DANS TOUT ÇA ?
En France, tout le monde connaît les Fables de La Fontaine. Mais le public ignore souvent que celles-ci sont des retranscriptions de contes beaucoup plus anciens, attribués à Ésope (VI° siècle avant JC).
Nous nous proposons de revenir à cette source antique. Et ce, au travers de l’adaptation des plus connues de ces fables par Mike Kenny, auteur britannique contemporain.
L’histoire
Ils sont quatre, comme les Marx Brothers, comme les fratries de clowns, d’acrobates ou de chanteurs, comme beaucoup de familles de saltimbanques.
Ils viennent nous raconter des histoires. Ces fameuses fables que tout le monde connaît. Mais ils les racontent à leur manière, un peu folle, burlesque, en les mélangeant parfois un peu, en un mot : comme ça leur plaît.
Il y a Wolfie, le plus expérimenté qui fait office de chef de troupe. Syd, belle et intelligente, qui se verrait bien « cheffe » à la place du chef. Harriet, la cadette, prête à tout jouer avec enthousiasme et gourmandise mais qui se lasse aussi très vite. Et, enfin, Barry, le petit dernier qui débarque et qu’on n’attendait pas, qu’on moque et qui, bien sûr, pourrait bien être le plus sage de tous.
Ils content, jouent, chantent, passent avec souplesse d’une fable à l’autre, d’un animal à l’autre. Si bien que le loup, comme toujours, mange les moutons. Mais il remplace aussi le renard auprès du corbeau. Et il suffit de le vouloir pour que la fourmi devienne un lion qui sera sauvé par une souris. Tandis que le lièvre attend avec impatience la tortue qui marche, marche, marche…
Moralité ? Regardons les animaux danser !
Le spectacle de fables pour enfants « Et la tortue dans tout ça ? »
Les intentions de mise en scène
Quelques mots sur le texte
Je connaissais les pièces de Mike Kenny pour en avoir lu et vu quelques-unes en version originale. Mais aussi en français dans les traductions de Séverine Magois. Et j’avais apprécié dans ces textes la finesse de l’écriture mais aussi et surtout l’énergie qui s’en dégageait, le sens du rythme et leur dimension ludique. C’est ce qui m’a amené à proposer à Mike Kenny de monter Aesop’s Fables, autrement dit Les Fables d’Ésope, et à en commander la traduction à Séverine Magois
Plus encore que dans d’autres textes de Mike Kenny, on sent dans celui-ci une jubilation à jouer avec les situations, avec les personnages, à nous emmener dans un tourbillon d’histoires. La dimension burlesque, des personnages est enthousiasmante. Le rythme enlevé et la mise en abyme via l’alternance entre la fable et la métahistoire sont porteurs d’une grande richesse dramatique.
La poésie et la musicalité du texte m’ont particulièrement séduit. Et ce en raison des potentialités qu’elles génèrent (chant, comptine, scansion…). Enfin, la structure très subtile avec différents niveaux de lecture donne vie à un thème qui pourrait paraître classique mais se trouve rajeuni et dépoussiéré.
Agrandir les portes
Dans une interview, Mike Kenny dit que le plus important sur scène est de créer le voyage, de laisser s’exprimer la dimension mythique d’une pièce de théâtre sans trop en faire, sans trop expliquer. Il parle d’agrandir les portes (« to make the doors wider »). C’est ce que nous nous proposons de faire.
Après avoir adapté un conte, Le Loup et moi, écrit et créé une fable originale, Cœurs de chiffons et adapté un album, La Bataille contre mon lit, j’avais envie de revenir aux fondamentaux du théâtre : le texte et le jeu des comédiens, débarrassés de tout artifice technique ou scénographique. J’avais envie d’y mettre juste ce qui est nécessaire et pas plus. Comme dirait Mike Kenny lui-même : « put only what is necessary, do as little as you possibly can ».
L’objectif n’est pas seulement de présenter un spectacle de fables pour enfants. Mais bien de mettre en valeur la jubilation qu’éprouvent les quatre personnages à « faire leur numéro » ensemble malgré leurs styles différents.
J’espère que ce spectacle fera rire les enfants. Qu’il sera une bouffée d’air dans le monde un peu étouffant qui les entoure. Un moment que j’imagine joyeux et vivifiant.
Une scénographie au service du jeu
En matière de scénographie nous avons recherché la simplicité et la mise en valeur du jeu des comédiens. Les décors, les costumes, tout comme la musique viennent souligner l’esprit ludique qui prévaut dans la pièce. Pour ce faire, costumes et décors jouent avec les codes auxquels on pense habituellement lorsqu’on dit « fables » en France : La Fontaine, le grand siècle, Versailles, les musées, la morale, les belles reliures à dorures et les bibliothèques avec échelles et rayonnages poussiéreux.
Les costumes : s’habiller d’histoires
Les quatre personnages sont vêtus des mêmes costumes dont les tons rappellent la couleur du papier jauni. Comme celui des précieux recueils de fables. Non contents de nous conter leurs histoires, ils les portent sur eux. Comme s’ils s’habillaient de leur texte.
Et s’ils ont tous la même tenue, chacun la porte à sa façon. Exubérante pour Wolfie, stricte et parfaite pour Syd, décontractée pour Harriet et négligée pour Barry.
Pour incarner les animaux des différentes fables, les comédiens se couvrent d’un chapeau symbolisant l’animal. C’est un bob anglais pour la tortue, un chapeau melon noir surmonté d’une unique plume pour le corbeau ou encore un bonnet de laine tricotée pour le mouton.
Mettre ou enlever le chapeau permet de passer du personnage à l’animal, de la métahistoire aux fables en un clin d’œil. On peut ainsi se battre pour porter un chapeau plutôt qu’un autre, pour être un lion et non une fourmi.
Les décors : encadrer la morale
Le décor, constitué de deux praticables et d’une échelle de bibliothèque nous permet d’installer rapidement les situations. Un praticable et le lion surplombe le rat, une échelle et le corbeau est perché. Je veux que le décor soit un support simple et multiforme permettant au jeu théâtral de se déployer, sans autre signification que celle que les comédiens inventeront au plateau.
Nous avons néanmoins conservé une coquetterie : des cadres dorés, comme ceux qui entourent les portraits des artistes dans les musées. Les nôtres encadrent les chapeaux qui servent à incarner les animaux des fables. Tels des trophées de chasse, ils sont accrochés en fond de plateau. Et les comédiens viennent les prendre en fonction des animaux qu’ils souhaitent jouer.
A l’avant-scène un cadre particulièrement ouvragé permet aux comédiens de venir dire la morale de l’histoire « encadrée » comme il se doit.
L’ambiance sonore : dialoguer avec le texte
Pour accentuer le côté ludique, les comédiens « bruitent » en direct chacune des fables du spectacle. Ils créent ainsi une ambiance sonore qui dialogue avec le texte, le complète ou en souligne la musicalité. Ils utilisent pour cela différents instruments à vent (sirène, flûte à coulisse, appeaux) et percussifs (métallophone, bongos, cymbale, cloches, flex-a-tone, vibraslap, agogo, boomwhacker).
Le spectacle de fables pour enfants « Et la tortue dans tout ça ? »
Prochaine date
Le spectacle pour enfants « Et la tortue dans tout ça ? » en résumé
Public : enfants à partir de 6 ans, niveau école élémentaire
Résumé : Les Fables d’Esope racontées, jouées, chantées et bruitées.
Thèmes : Fables, Esope, La Fontaine, théâtre, bruitages, auteur contemporain
Lieux de représentation : Lieux de représentation : théâtres, centres culturels, médiathèques, écoles élémentaires , MJC, maisons de quartier, salles polyvalentes, comités d’entreprise… En intérieur ou en extérieur.
