Revue de presse - Le loup et moi

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Un loup, même sentimental et amoureux, reste un loup et finit toujours par manger le Petit Chaperon. Dans cette histoire, inspirée du conte traditionnel, le vieux loup se remémore ses souvenirs en voix off, l’action se déroulant sur scène en gestes et en musique. Au milieu d’un décor fait de belles structures en osier, évoquant une forêt mouvante, trois comédiens miment les quatre personnages : la mère protectrice, la petite fille naïve et gaie, le loup séduit et tourmenté, la grand-mère statufiée dans sa robe-maison. Un orgue de Barbarie livre en direct sa partition légère, ou plus grave, selon chaque tableau. De cette pantomime émane une agréable sensation de nostalgie, celle de l’ancien temps et des amours passées.

 

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Pour se jeter avec plaisir dans la tête du loup

Les vrais loups ont presque tous disparu, mais ceux de nos contes d’enfants continuent à galoper dans nos rêves et dans les salles de théâtreAprès « Le Petit Chaperon rouge » de , et « Le Petit Chaperon uf » de , voici venir, dans « Le Loup et moi », un loup amoureux.

Ici, le conte prend l’allure d’un récit rétrospectif. Il s’agit, de fait, d’un « je me souviens » nimbé de nostalgie douce. Car celui qui prend la parole dans le noir pour nous raconter l’histoire, c’est le loup en personne. On serait même tenté de rebaptiser le spectacle le Loup est moi tant sa présence est importante, envoûtante. Elle exprime fort bien la fascination délicieuse que les enfants ressentent pour le frisson. Insituable en off, veloutée et mystérieuse, elle donne le ton dès le début en nous murmurant : « Toute ma vie, je me souviendrai d’elle. D’elle que j’ai mangée ». De la violence et de l’amour de la bête pour l’enfant, tout est ainsi annoncé.

Cette voix assure la continuité entre les saynètes muettes de la pièce. De fait, il n’est nul besoin de détenir un diplôme ès contes, pas même besoin de savoir bien parler pour voir Le Loup et moi. C’est un grand avantage pour les plus petits. Se référant à l’univers des Enfants du paradis, et au mime, les comédiens présentent plutôt des tableaux que des scènes. Selon nous, la référence à l’univers de Carné et de Prévert n’est pas patente. Si le costume du loup pourrait faire songer à celui de Lacenaire ou de Lacenaire ou de Lemaître, si la pantomime est reine, la référence ne paraît pas exploitée jusqu’au bout. Mais quelle importance pour les enfants ? Au contraire, certaines pantomimes font surgir d’autres références au burlesque muet beaucoup plus accessibles. Les scènes domestiques qui associent la mère et l’enfant sont ainsi, par exemple, pleines de tendresse. On pense à Chaplin ou à Laurel et Hardy.

Questions de cohérence et de tempo

De ces choix forts de mise en scène ainsi que de la relecture originale du conte pourraient résulter quelques difficultés. Tout d’abord, le prologue qui nous présente la fillette dans son quotidien est peut-être un peu long. S’il permet de percevoir l’amour du loup, celui qui fait que chaque geste, fût-ce le plus anodin, de l’être aimé, devient prétexte à célébration, il peut susciter l’impatience. Par ailleurs, le conte se clôt sur le sacrifice que le loup choisit de faire, contre sa nature, en s’ouvrant de lui-même l’estomac pour en extirper l’enfant et son aïeule. Mais une seule phrase nous en informe, de même qu’une pantomime rapide. Il faudra peut-être expliquer un peu.

Danse avec le loup

Cependant, si l’histoire a ses complexités, nos enfants la connaissent, et ce que l’on découvre lors de la représentation est aussi d’un autre ordre. On a parlé de tableaux. Or le décor exprime un vrai sens de l’esthétique. Intégralement en osier, il situe l’histoire dans un monde à part, irréel. Piqué de fleurs, de fruits aux couleurs chatoyantes, il invite ainsi au rêve. Quant à la musique, elle prend une si grande importance qu’on pourrait l’ériger au rang de personnage. Interprétée à l’orgue de barbarie, elle donne une couleur à chaque action et une unité à tous les morceaux de musique choisis. Enfin, elle instaure un jeu avec les comédiens en ralentissant ou accélérant les rythmes jusqu’à faire naître le comique, à exprimer la liesse ou la curiosité. On se souviendra sûrement de la belle valse du Chaperon et du Loup.

Il y a donc de nombreuses trouvailles dans ce joli petit spectacle pour enfants. On n’ira pas chercher de lecture psychanalytique, ni historique. On pourra simplement se laisser aller au plaisir de nos grandes oreilles, de nos grands yeux et croquer l’histoire à pleines dents.

 

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Loups, y êtes-vous ?

Que de loups cette année dans la programmation jeune public du off… Eternel catalyseur des peurs des plus petits, l’animal est décliné – avec plus ou moins d’intérêt- dans plusieurs spectacles.

(…)

Plus exigeant, « Le Loup et moi » propose le conte du Petit chaperon rouge raconté par le loup : L’animal cruel et toujours affamé est tombé sous le charme espiègle de la petite fille. Il la mangera, certes, mais accomplira un ultime geste d’amour pour la sauver.

Mimé et narré en voix off, ce spectacle touche le public par sa poésie : accompagné par un orgue de barbarie, chaque tableau s’anime grâce à une gestuelle expressive, tantôt burlesque, tantôt plus grave. La scénographie, constituée de structures en osier, contribue à créer une atmosphère féerique propice à l’imagination.

Drôle et tendre, cette création est une réussite qui enchante autant les plus jeunes que les adultes.

 

Nelly Bourriche
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Toute ma vie, je me souviendrai d’elle. D’elle que j’ai mangée… » C’est avec cette phrase dite en voix off par un loup à l’intonation grave et inquiétante – l’une des rares prononcées dans le spectacle – que commence cette pièce inspirée du « Petit chaperon rouge ».

Mêlant théâtre gestuel, mime et musiques de Liszt, Tchaïkovski et Prokofiev (jouées en direct à l’orgue de barbarie), cette création de la compagnie les Globe Trottoirs, à qui l’on doit « Cœurs de Chiffons », raconte les états d’âme d’un vieux loup amoureux. Une version revisitée, originale et très réussie du fameux conte des frères Grimm.

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Un vrai coup de cœur !
Cette adaptation du Petit Chaperon Rouge est un régal !

Ici, c’est le loup qui conte le récit. D’une voix mystérieuse et inquiétante, il nous donne son point de vue, sa version tragique de condition de loup bien encombré par un sentiment amoureux !
Oui, notre loup est amoureux du petit chaperon rouge, un amour impossible bien évidemment !

Pas un mot, en dehors de cette voix off. Comme un film muet, au rythme d’une musique jouée en direct à l’orgue de barbarie, les tableaux s’enchainent et nous plongent dans le récit.
L’accent est mis, vous l’aurez compris, sur le mime et le théâtre gestuel très convaincants !

A saluer également, le travail sur les costumes et les décors.
Petite fille, mère et grand-mère portent la même robe. Une façon astucieuse de représenter les trois états de notre vie. Le loup lui est en dandy du 19ème.
Le décor tout en osier rappelle la forêt. Des transformations très amusantes s’opèrent sous nos yeux comme une cabane qui deviendra la grande jupe de la grand-mère et le lieu de tous les drames !

Nous vous laissons découvrir les autres surprises et trouvailles de ce beau spectacle et sans doute arriver à la même conclusion que notre triste narrateur : un loup ne peut pas vivre avec les humains !

Et rassurez-vous, l’histoire se terminera bien pour les humains, car pour le petit chaperon rouge, le loup va faire ce qu’aucun loup n’aurait fait !!

 

Muriel Desvaux
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Le loup et moi, émoi, émoi
« Toute ma vie je me souviendrai d’elle… d’elle que j’ai mangée. » Un vieux loup plonge dans ses souvenirs pour nous raconter l’histoire de sa rencontre avec une jeune fille qui portait … un petit chaperon rouge.

Tantôt pantomime, tantôt ballet ou ronde échevelée, cette lecture du Petit Chaperon Rouge est singulière à plus d’un titre. D’abord en proposant un discours intérieur du loup. Le spectacle entier est ponctué par l’évocation de ses souvenirs. Ses souvenirs d’elle. Elle! La jeune fille pétillante, appétissante au sens de désirable. Tout en subtilité, la pièce déroule ainsi le récit sous-jacent du conte traditionnel. Celui du désir, de l’éveil des sens de ce chaperon rouge comme la puberté qui pudiquement, ne dit pas son nom, mais le danse.

 

Laurent Rochut
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Hier après-midi, dans le cadre de la série « Dimanche Famille », le Théâtre municipal de Colmar jouait Le Loup et Moi. Cette pièce de la compagnie Globe Trottoirs narre l’histoire du Petit chaperon rouge du point de vue du loup. Une belle réussite.

« Toute ma vie je me souviendrai d’elle, elle que j’ai mangée. » C’est par ces mots prononcés par une voix grave que commence la pièce Le Loup et Moi de la compagnie Globe Trottoirs. Ces mots sont ceux du loup et l’histoire qu’il s’apprête à raconter est celle du Petit chaperon rouge mais de son point de vue : « Je trouve ça curieux. Nous ne sommes pas très gentils avec le loup et je trouvais marrant de montrer comment, lui, voyait l’histoire », raconte le metteur en scène Jean-Christophe Smukala. Cette idée est née de son rapport personnel au conte de Charles Perrault. « Je trouvais ça triste Le Petit chaperon rouge, confie-t-il. Pour un garçon, ce n’est pas facile. Les filles, elles peuvent s’identifier à l’héroïne mais pour les garçons, rien. »

« Il lutte contre son instinct »

Alors il a eu cette idée de faire raconter l’histoire par le loup. Dans sa pièce, ce dernier n’est pas simplement un « monstre » mangeur d’humains. Non, cette fois la bête tombe amoureuse de l’héroïne et lutte contre son instinct pour ne plus manger d’humain. Mais la réalité le rattrape : une grand-mère affolée, une petite fille qui lui offre une galette et hop, elles se retrouvent dans son estomac ! Le loup le sait et le confie au jeune public, il ne fait pas ça par méchanceté; c’est juste sa nature (animale) : « Je ne supporte pas les cris d’horreur des humains, ni l’odeur de leur cuisine. Ca me donne faim, je ne suis qu’un loup. »

La pièce et le décor sont épurés. Tout est fait en osier et seuls quelques pétales de fleurs colorent cet univers. L’histoire se déroule en tableaux introduits, brièvement, par le loup. Le reste est muet « pour plus de mystérieux ». Les douces complaintes d’un orgue de barbarie s’élèvent de derrière le rideau comme d’une boîte à musique. Ces airs, inspirés des compositeurs russes comme Chostakovitch ou Tchaïkovski, plongent le spectateur dans un univers toujours plus merveilleux, plus onirique.

Sur scène, les acteurs gesticulent, miment, grimacent, dansent. Ce savoureux mélange fonctionne. Le public est séduit.

Les éclats de rire des enfants, et des adultes, résonnent dans la salle quand la fillette, cuisinant la fameuse galette destinée à sa grand-mère, fouette la pâte avec de grands gestes, fait des grimaces, lèche le plat ou se brûle. Les rires éclatent encore quand le loup et le Petit chaperon rouge chahutent dans la forêt. Ils s’intensifient lorsque l’animal dévore la grand-mère, géante de paille dont le jupon représente la maison. « On ne voit jamais le loup manger la grand-mère. Je voulais montrer cette scène. Je suis originaire du Nord où nous avons la tradition des géants, j’ai eu l’idée de la représenter sous forme de géante d’osier. C’est la grand-mère, donc elle devait être grande et comme elle est malade elle ne peut pas vraiment bouger. D’où cette idée, sa maison, c’est elle. »

 

« Je voulais montrer que ce n’était pas une mauvaise mère »

Jean-Christophe Smukala ne réhabilite pas que le loup, mais également la mère. Cette femme qui dans l’histoire originale semble laisser sa fille seule dans la forêt alors que le danger rôde. « Je voulais montrer que ce n’était pas une mauvaise mère. Elle fait juste une erreur. Elle pense que sa fille est assez grande pour éviter le danger, mais non. » L’enfant se jette dans la gueule du loup en se liant d’amitié voire d’amour avec lui. Pour montrer au spectateur la bienveillance de la mère, le metteur en scène lui fait danser un tango de défiance avec le loup. La femme et l’animal sont alors séparés par une porte en osier sur roulettes.

Après quarante-cinq minutes de spectacle, les applaudissements éclatent dans la salle. Le spectateur est comblé. Les trois acteurs, Bénédicte Vrignault – la mère et la grand-mère, Anne Stösser – le Petit chaperon rouge – et Stéphane Reboul – le loup – remercient le public et le retrouvent dans le hall du théâtre. Une tradition pour la troupe. « Nous aimons parler aux enfants, savoir comment ils ont vécu la pièce, confie Jean-Christophe Smukala. On les raccompagne vers la vie réelle.

 

Marion Michel