spectacle pour enfants

Spectacles jeune public

Les plateformes, intermédiaires, agents…

C’est un peu un maquis à défricher, mais comme vous allez le constater, vu de l’intérieur, il est assez facile à comprendre.

Pour commencer, revenons un peu en arrière, à l’époque où internet n’existait pas, ou confidentiellement. Comment faire, à cette époque pour faire connaître son travail ? Nous avions en gros 3 outils :
- le téléphone
- le courrier
- les agents ou intermédiaires

N’ayant pas, à nos débuts, d’agent, nous avons fait notre travail en appelant les programmateurs, directeurs de salles et journalistes. Nous avions absolument besoin de nous faire connaître des professionnels, et pour ce faire, nous avions besoin de tremplins. Ils sont venus sous la forme d’une carte de visite déposée un jour à l’accueil de la MJC Mercoeur où nous jouions notre première création. La carte de visite d’un agent qui nous proposait de travailler avec lui. Nous devrions écrire agente, compte tenu que c’est une femme : Jocelyne Auclair, qui dirige l’association ACTE. Elle avait un réseau de clients important tissé au fil du temps dans la sphère des médiathèques et petites salles de banlieue parisienne. Son apport pour notre compagnie qui débutait a été fondamental, nous ouvrant des portes dont nous ne soupçonnions pas l’existence à l’époque. Plus tard, nous avons été amenés à travailler avec la Ligue de l’Enseignement (également appelée Fédération des Œuvres Laïques), qui a été un relais précieux auprès du milieu scolaire.

Toujours à nos débuts, nous avions besoin également de visibilité auprès du grand public. Voilà 20 ans de cela, un support média faisait la pluie et le beau temps en matière de spectacle jeune public (en tout cas en Ile de France) : le supplément parisien de Télérama et les critiques jeune public de feue Henriette Bichonnier. Le pouvoir de remplissage d’une salle suite à une de ses critiques était, rétrospectivement, extraordinaire. Nous l’avons constaté quand, ayant vu notre première création, elle a rédigé une critique élogieuse et que le téléphone des réservations a sonné sans discontinuer.

Aujourd’hui, les choses ont bien évolué. L’arrivée d’Internet a considérablement changé la donne et augmenté de façon exponentielle le nombre de plateformes. Mais voilà, dans ces plateformes, bien peu font un vrai travail de sélection des spectacles qu’elles auraient vu et dont elles valideraient les qualités. Et quasiment plus aucune ne fait réellement d’accompagnement des compagnies.

Ce que faisant, le public et le programmateur occasionnel doivent se débrouiller pour essayer de trouver, au milieu de tout cela, les intermédiaires qui auront pour lui un intérêt particulier. Dans la multitude de sites annuaires, citons-en un qui fait un travail sinon de critique, au moins de sélection de contenus originaux, mais également de tri par région, genre, … il s’agit du site Les pros du Pestak. Nous vous le recommandons chaudement. Il en existe tellement que nous ne pouvons pas en faire le tour. Celui-ci nous semble être une référence, mais d’autres font aussi un très bon travail.

Concernant les critiques de spectacles jeune public, bien sûr, Télérama continue à avoir une place centrale, mais son influence, dans le maelström des like et notations sur 5 étoiles, a baissé. Sont apparus d’autres sites qui proposent des critiques de spectacles pour enfants. Parmi tous ceux qui ont existé ou existent encore, citons tout de même deux sites qui, chacun à sa manière, sont devenus des références : le site Lamuse, dans un registre très grand public, et le site Les 3 coups, dans un registre un peu plus pointu.

Evidemment, nous ne vous parlons pas ici des sites dont la vocation est la billetterie. S’ils intéressent les spectateurs potentiels, ils ne sont d’aucune utilité pour les programmateurs. Cela ne veut pas dire qu’ils ne soient pas pertinents.

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Article publié le 17 octobre 2019