
Comme tous les empereurs, l'empereur vit avec sa cour dans un superbe palais au milieu d'un superbe jardin, loin des problèmes de ses sujets. Comme tous les empereurs, il s'ennuie et tente de se distraire en martyrisant gentiment son fidèle chambellan.
Un jour, il apprend que son jardin abrite un rossignol dont le chant, dit-on, est divin. L'empereur demande à l'entendre et tombe immédiatement sous le charme de ce chant libre et harmonieux. Il décide alors de garder le rossignol auprès de lui.
Tout irait pour le mieux s'il n'y avait, soudain, ce cadeau d'un autre empereur : un rossignol mécanique et virtuel. Ce dernier devient la coqueluche de la cour qui délaisse le rossignol pour cette superbe machine si distrayante, jusqu'au jour où ... la machine casse.
L'empereur en est si dépité qu'il tombe malade au point que la mort vient le visiter. Le rossignol sauve alors l'empereur en séduisant la mort par son chant et apprend la valeur de la liberté à l'empereur.


Comme toujours, nous voulions, avant tout, raconter une histoire au public, lui faire vivre de belles émotions et les plus belles histoires sont des contes. Alors un conte.
Mais pourquoi raconter cette histoire là en particulier ? Parce qu'elle dit qu'il suffit d'un peu de liberté, de curiosité et de courage pour dépasser ses peurs et vivre des instants de bonheur ? Pourquoi raconter comment un empereur grandit, se libère de ses peurs et de ses angoisses grâce à la musique d'un petit oiseau libre ?
Sûrement parce que nous avons tous fait un jour ce rêve d'être les rossignols de notre public, de lui chanter nos plus beaux sentiments, de le faire rire et rêver.
Alors pour rire, un univers burlesque avec un Empereur tiré de la Commedia dell'arte, enfant-roi capricieux, un chambellan
engoncé dans ses principes presque autant que dans son queue de pie, servile et un peu bête et une servante espiègle digne soeur
de Scapin.
Pour rêver, un rossignol qui chantera a cappella pour chacun ses désirs les plus profonds.
Une rencontre du théâtre et du chant donc mais aussi une confrontation de ces arts vivants avec la création audiovisuelle puisque le rossignol mécanique sera « incarné » par des images de synthèse emblématiques de la virtualité chère à notre époque.
Chaque costume est emblématique du principal trait de caractère de son personnage : les boudins du justaucorps de l'empereur rappellent toute l'énergie contenue de ce poupon capricieux, les pans de la redingote du Chambellan évoquent sa raideur, le kamis en coton léger de la servante souligne sa souplesse et son intelligence. La cape lourde de la mort rappelle sa froideur implacable. Le rossignol, quant à lui, avec sa cape et ses plumes de tulle semble extrêmement léger et étranger à toute agression.


Pour représenter ce que Andersen décrit comme « le château le plus magnifique du monde », nous avons pris pour modèle les palais des vents indiens. Les détails et la multitude de fenêtres donnent à la fois une idée de fragilité et de finesse.
Ce décor permet de créer l'espace scénique dans des endroits non dédiés au spectacle, dans lesquels nous affectionnons particulièrement d'amener un instant de théâtre.
Pour symboliser un jardin particulièrement féerique, nous nous sommes inspirés des tableaux naïfs qui font coexister des fleurs gigantesques avec des arbres nains et représentent souvent le jardin du Paradis comme une explosion multicolore.
Le trône, enfin, est emblématique de l'empereur. Il est sa salle à manger, son lit, son cocon, mais aussi la preuve de son autorité. Monté sur roulettes, il est poussé par le Chambellan, créant ainsi de nombreuses occasions de confrontation burlesque avec l'Empereur.
« Un mauvais rêve me hantait : celui d'un enfant que je tenais dans mes bras et qui disparaissait pour ne laisser qu'un
vêtement mouillé. Mais, au matin, j'ai eu ce rêve merveilleux, que je n'avais fait qu'une fois auparavant : j'avais une voix
chantée magnifique et pouvais exprimer la moindre de mes pensées au travers de notes de musique. »
A.C. Andersen, Journal, 29 août 1874
Ans Christian Andersen (1805-1875), auteur danois, écrivit des récits de voyage, des pièces de théâtre, des poèmes, des romans. Mais c'est par ses contes qu'il reste mondialement connu - 156 en tout, dont « La petite sirène », « Les habits neufs de l'empereur », « Le vilain petit canard », « La petite fille aux allumettes », « Les cygnes sauvages »...
Pour en savoir plus sur Andersen :
Le site de Ricochet :
http://www.ricochet-jeunes.org/auteur.asp?id=1236
Un site (en anglais) recensant tous les sites consacrés à l'auteur :
http://hca.gilead.org.il/www.html
Pour lire le texte du conte : http://www.chez.com/feeclochette/andersen.htm.
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Mis à jour le 06/05/2008